Les vacances : plaisir coupable ou liberté nécessaire ?

À quel type de dirigeant appartenez-vous face aux vacances ?

Ceux qui partent avec l'ordinateur à portée de main, "juste au cas où". Ceux qui ferment tout d'un geste ferme et ne regardent pas en arrière. Et entre les deux, la grande majorité : ceux qui partent sans vraiment partir. Le rapport aux vacances n'est pas une question de discipline. Il dit quelque chose de plus profond sur qui vous êtes.

Chez les premiers, d'où vient cette culpabilité ? La peur de perdre des revenus, d'abandonner le business ou ceux qui restent au front. A titre d'exemple, 84 % des entrepreneurs resteront connectés cet été. Trois questions reviennent avant chaque départ : le timing (est-ce le bon moment ?), la délégation (qu'est-ce que je transmets, et à qui ?), le lien (comment je reste informé sans redevenir, à distance, le goulot d'étranglement de mon équipe ?).

Ces questions cachent peut-être une confusion : et si être présent, ce n'était pas la même chose que rester en alerte permanente ? C'est souvent de là que naît un compromis : partir sans réellement partir. Mails du matin, téléphone pro à portée de main. Un équilibre qui a l'air raisonnable, mais qui laisse une question ouverte : est-ce vraiment se reposer ?

1. Trouver son rythme, comme un athlète gère sa récupération

L'enjeu n'est finalement pas de choisir entre "tout couper" ou "rester disponible". C'est de trouver son propre rythme de déconnexion et de le tenir. Il n'existe pas de format universel. Certains dirigeants ont besoin d'une déconnexion totale pour véritablement récupérer. D'autres préfèrent un point quotidien de dix minutes, ou un rendez-vous hebdomadaire fixé à l'avance, pour éviter que l'inquiétude ne s'invite en boucle. L'essentiel est que ce soit décidé en amont, annoncé clairement à l'équipe, et tenu une fois posé.

Ce qu'on n'a pas anticipé avant de partir, on finit souvent par le gérer depuis la plage.

C'est d'ailleurs le constat le mieux établi par la recherche en psychologie du travail : parmi les leviers de récupération étudiés depuis les travaux de Sonnentag et Fritz, en premier lieu, le détachement mental, cesser de penser au travail et pas seulement cesser de travailler, est celui dont l'effet sur l'épuisement est le plus net.

Un athlète de haut niveau ne laisse jamais sa récupération au hasard : elle est planifiée, dosée, aussi rigoureuse que l'entraînement lui-même.

Pour un dirigeant, les vacances peuvent suivre la même logique. Ce n'est pas seulement recharger les batteries, c'est aussi soigner des blessures qui ne se voient pas, et développer des compétences que le quotidien professionnel ne laisse pas de place pour exercer. Le dirigeant qui  se repose et s'amuse pleinement revient souvent meilleur, pas seulement moins fatigué.

2. Le vrai piège n'est pas seulement pendant les vacances, il est avant et après

Il y a un autre mécanisme qu'on rencontre souvent : "Je donne tout maintenant, je récupèrerai pendant les vacances." La logique du "tenir" jusqu'au bout. Sauf que physiologiquement, ça ne fonctionne pas comme ça. Le corps met plusieurs jours à atterrir. Le système nerveux reste en mode alerte. Résultat fréquent : fatigue extrême, irritabilité — ou maladie dès les premiers jours de congés. Dommage. Il s’agit donc de partir encore en forme pour pouvoir se reposer vraiment.

Et au retour ? Même logique. La recherche est formelle : les bénéfices des vacances sur le bien-être s'estompent très vite, souvent en une à quatre semaines, parfois dès la première semaine. Revenir reposé n'est pas une garantie de le rester.

Deux implications concrètes : des coupures courtes et fréquentes protègent souvent mieux qu'une seule longue absence par an, et la reprise mérite d'être aussi préparée que le départ — avec un sas de quelques jours avant de retrouver une charge pleine.

3. La liberté nécessaire : des vacances augmentées

Passé le cap de la culpabilité, les vacances ouvrent un espace rare : celui où le corps reprend le dessus sur le mental. Le quotidien professionnel entraîne à tout calculer, tout anticiper, porter en permanence un jugement sur ce qu'on fait et ce qu'on dit. C'est précisément ce réflexe qu'il s'agit de débrancher.

Passé le cap de la culpabilité, les vacances ouvrent un espace rare : celui où le corps reprend le dessus sur le mental. Le quotidien professionnel entraîne à tout calculer, tout anticiper, porter en permanence un jugement sur ce qu'on fait et ce qu'on dit. C'est précisément ce réflexe qu'il s'agit de débrancher.

C'est cette bascule qui transforme de simples vacances en vacances augmentées. Le corps y retrouve une place : bien manger, bouger autrement, se reconnecter à la nature, autant de gestes simples qui redonnent des sensations que l'agenda professionnel efface. L'esprit, lui, s'ouvre à l'altérité : un peu de chaos choisi, à l'opposé du contrôle habituel, déplace le regard et laisse de la place au rêve.

Dans cet espace dégagé la joie revient au premier plan, non pas comme un aboutissement mais comme une matière quotidienne : la joie de la présence, de la découverte, d'un moment sans enjeu. C'est cette combinaison, plus que le farniente seul, qui permet de revenir à la rentrée avec de la créativité, de l'intuition, et l'envie de se retrouver.

Comme une symphonie où mesure et proportion deviennent une harmonie — une bonne entente entre plaisir et raison, c'est peut-être ça aussi, le sens des vacances.

4. Le piège des "tracances"

Depuis le Covid, un mot a émergé : les "tracances" — ces vacances passées à travailler depuis son lieu de villégiature. Le phénomène est massif : un salarié sur trois a déjà télétravaillé pendant ses congés, quatre sur dix ont continué de recevoir des appels de collègues ou de clients.

Et la dérive va plus loin : Le Monde vient de publier six articles sur le sujet, mentionnant même un nouveau phénomène, le "vatrail" — prendre ses vacances sur son lieu de travail, pour récupérer... des tracances. On ne pouvait pas mieux illustrer la confusion des énergies et de l’intention.

La régénération a besoin d'un lieu dédié, protégé, associé sans ambiguïté à d'autres pensées, d'autres émotions. Préserver ce lieu des sollicitations professionnelles n'est pas une posture — c'est une condition, pour la tête, le corps et le cœur.

5. Gouverner son été

Partir sans culpabilité, ça se prépare : un rythme d'absence choisi, une équipe informée, un lieu préservé des tracances, et une reprise pilotée avec soin comme le départ — un athlète qui gère sa saison plutôt que de la subir.

Et si partir - particulièrement en forme - semble encore compliqué cette année, contactez-nous !  L'accompagnement mainPACES travaille cette articulation entre corps, esprit et stratégie : repérer ses propres signaux de fatigue, construire une organisation et des rituels de régulation qui tiennent toute l'année - autant d’éléments de robustesse qui contribuent à la performance de son entreprise. 

Article rédigé par les coachs et experts de l'équipe mainPACES

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