Jonathan Lobert, partager c'est gagner

Culture de la gagne, gestion du stress, de l’échec, prise de décision rapide et multi-facteurs … comment maintenir sa motivation jour après jour dans un environnement extrêmement exigeant ? 

Avec 200 jours de navigation par an, une médaille olympique et un palmarès exceptionnel, Jonathan Lobert nous donne les clés qui l’ont amené vers ces résultats hors norme.

Détermination, humilité, développement des sens, partage et ouverture d’esprit sont autant de qualités que doit développer un champion qui dure. 

Cette interview a été réalisée le 24 juin 2022. 

Jonathan Lobert, la naissance d’un champion

Bonjour Jonathan, tu as un parcours sportif exceptionnel en voile olympique, peux-tu nous présenter rapidement comment tu en es arrivé là ?

Quand j’ai commencé la voile, j’avais 7 ans sur la Saône à Mâcon, comme quoi on n’a pas besoin d’être breton pour être un grand régatier :)... Je faisais plein de sports mais aucun ne me plaisait vraiment au point que je m’y investisse. Mes parents m’ont inscrit dans ce club de voile, j’ai tiré mes premiers bords et j’ai trouvé l’activité super ! Être seul dans mon bateau, le faire avancer, me positionner par rapport aux autres. C’était un petit club, donc j’ai pu faire des compétitions très vite. La première fois, j’ai été dernier, et puis rapidement j’ai progressé. J’adorais partir le week-end entier avec les copains pour régater, passer toute la journée à naviguer, c’était vraiment top, ça me faisait beaucoup de bien d’être dehors.

Et puis en 2000, par hasard un matin j’allume la télévision pour regarder les jeux olympiques, et coup de chance c’était de la voile. C’était la dernière course de la semaine en laser, remake des jeux d’Atlanta où Robert Scheidt (Brésil) avait battu Ben Ainslie (Grande Bretagne). L’anglais Ben Ainslie finit par s’imposer devant le Brésilien, c’était un vrai match race. Je sortais juste des championnats du monde d’optimist où j’avais été 21ème, et je me suis dit “moi aussi je veux aller aux Jeux, et gagner une médaille”. 

Ce qui est sympa dans l’histoire, c’est que 12 ans plus tard aux JO de Londres, je me suis retrouvé sur le podium (médaille de bronze) avec Ben Ainslie (médaille d’or) qui m’avait inspiré.

Comment t’es tu entraîné pour arriver à ce niveau ? 

L'entraînement est d’abord technique. Il se fait beaucoup dans la répétition. Répéter les manœuvres pour que ça devienne presque automatique, ne pas réfléchir pour faire le geste, être toujours à la recherche du geste parfait. C’est beaucoup de travail de feedback avec l'entraîneur, pour confronter ce que lui observe, et ce que moi je peux ressentir sur le bateau. 

La difficulté en voile c’est que chaque manœuvre peut être différente en fonction du vent, des vagues, du plan d’eau, c’est très technique. La compétence technique permet de libérer une capacité de prise de décision extrêmement rapide, par rapport aux adversaires, au vent, dans une vision très stratégique. 

Quand on navigue, on récolte des informations en permanence (les nuages, l’eau, les adversaires,...). L'expérience en voile donne de la capacité à traiter l'information, reconnaître des expériences déjà vécues, à réagir très vite, et à se positionner très rapidement. Au fur et à mesure de la progression et des parcours, on devient de plus en plus expert, et on est en capacité de se positionner de façon optimale par rapport aux situations.

Jeux Olympiques de Rio, 2016

Ressentir son environnement et écouter ses sensations

Tu parles des informations perçues, des ressentis, comment développes-tu cette capacité de perception accrue ?

Le ressenti est essentiel pour nous, pour avoir une sensibilité fine de ce qui peut se passer.

  • c’est le sens du toucher de la main, avec la sensation de ce que nous renvoient la barre et l’écoute
  • c’est sentir tout ce qui est en contact direct avec le bateau, les fesses, les pieds

Nous faisons aussi beaucoup d’exercices à l'entraînement les yeux bandés, pour développer l'ouïe, le ressenti du vent sur le visage, des indicateurs qu’on a tendance à oublier.

De l’extérieur, quelqu’un qui ne voit pas qu’on a les yeux bandés ne peut pas voir la différence. Ce sont des entraînements très fatigants nerveusement car ils sollicitent une concentration très intense, beaucoup d’attention.

On travaille souvent sur le fait de bloquer un paramètre - par exemple en vent arrière, bloquer la barre, et ne jouer que sur l’assiette et le réglage des voiles pour faire avancer le bateau. De même pour le développement du matériel, on va avoir un coureur étalon qui ne change rien au matériel, et nous on fait des tests spécifiques.

Est-ce que ces sens très développés te sont encore utiles maintenant que tu as quitté les plans d’eau ?

Oui, souvent ma femme me dit que je suis hyper attentif aux petits détails. Cela me donne des clés de lecture des gens qui sont en face de moi, de leur langage corporel. Cela m’aide énormément dans le business pour percevoir les gens, savoir ce qui se passe, deviner des ressentis. Je suis très à l'écoute de ce qui nous entoure, cela me donne aussi une grande capacité d’empathie.

L’humilité et la préparation, vecteurs de réussite

Tu me disais sur ce sujet, que comprendre l’état émotionnel de l’autre pour être en puissance était essentiel dans la relation entraîneur - entraîné. Peux-tu développer cette importance de gérer les émotions de façon conjointe, qui peut être aussi une clé dans la relation associés dans le business ? 

Oui, très concrètement avec mon entraîneur François le Castrec sur la PO de 2012 (Préparation Olympique - on a travaillé vraiment ensemble à partir de fin 2008), on a fait le choix assez rapidement de vraiment travailler sur notre binôme et notre façon de communiquer. 

Pendant les courses, François est dans un zodiac et moi sur le bateau, donc on ne peut pas communiquer. On ne peut communiquer seulement entre les courses, et on a très peu de temps pour cela. C’est donc important de dire des choses de façon pertinente entre les manches, pour enfoncer le clou sur des très bonnes approches, ou rectifier ce qui ne passe pas. L’idée était qu’il n’y ait pas d’émotionnel qui rentre dedans, et de pouvoir communiquer simplement sur l’objectif et la stratégie. Si je suis frustré après une mauvaise manche, je dois quand même être capable de l'écouter, et lui doit être capable de me parler.

On a appris ensemble à gérer nos stress réciproques, car je peux avoir du stress, mais lui aussi. Le dernier jour des JO il était très stressé, mais on avait préparé ce moment-là, on l’avait anticipé. C’était OK pour moi, on a pu en parler, et j’ai pu partir naviguer serein.

On avait appris à bien se connaître pour mieux travailler ensemble, et surtout accepter que l’autre ne puisse pas être bien sans que cela impacte la qualité du travail, ou du ressenti de l’expérience de l’autre.

Tu m’a aussi parlé d’humilité, et ça a fait écho en moi. Je pense aussi qu’un entrepreneur, pour réussir doit avoir à la fois une ambition immense mais aussi une humilité très forte pour absorber toutes les informations qui lui sont communiquées, les faire siennes, et s’adapter, transformer son approche quand c’est nécessaire. Qu’est-ce que l’humilité pour toi et pourquoi est-elle si importante à haut niveau ?

Dans la voile l’humilité on l'apprend un peu à nos dépends au début, car on peut partir avec les meilleurs réglages, on pense qu'on est parfait mais il y a des éléments qu'on n’a pas perçus et tout ce bon travail est mis à zéro. On peut se faire battre par un adversaire qui a moins travaillé, qui est moins bien préparé, mais qui a su saisir une opportunité qui fait qu’il est devant.

On apprend qu’on ne peut pas toujours gagner, et qu’on ne peut pas maîtriser ce que font les autres, donc on se concentre sur ce qu’on fait nous.

Jonathan Lobert

Et c’est comme ça qu’on développe cette capacité qu’on a sans cesse, malgré les échecs, de pouvoir retourner régater, recommencer et refaire quelque chose qui était peut-être la bonne méthode dans une autre situation.

On évolue dans un milieu où on sait que la nature est plus forte que nous. Quand on se lève et que le vent est trop fort, ça nous rappelle à l’ordre. C’est un environnement qui est en perpétuel changement, qui est vivant. Il y a des règles de sécurité de base qu’il faut toujours respecter.

C’est très proche de la montagne pour moi, on ne part pas en montagne si on n’est pas très préparé, et si on n’est pas aussi capable de s'arrêter quand les conditions changent et présentent des risques qui peuvent devenir vitaux. 

Partager pour progresser

Tu soutiens “Partager c’est gagner”. Comment cela se caractérise-t-il ?

Je suis persuadé que le partage permet de progresser. Quand tu maîtrises une technique que tu as eu du mal à acquérir ou que tu as développée, le fait de la transmettre te permet de la formaliser, de mettre le doigt sur des potentiels d'amélioration, et le questionnement te fait découvrir des choses. La personne en face de toi ne va pas l'appliquer exactement de la même manière que toi, et va ajouter des éléments à ta façon de faire, qui peuvent être très intéressants.

Podium Londres, 2012

Transmettre permet de se nourrir les uns les autres pour progresser, il faut savoir que ce n’est pas quelque chose que tu perds. Quand tu donnes, tu deviens encore plus sachant, c’est s’enrichir, se développer, devenir meilleur.

Jonathan Lobert

On voit souvent des gens qui cachent des choses, et qui ont peur de perdre ce qu’ils ont construit. En fait, dès qu’une personne s’approprie ce que tu as développé, tu peux identifier tout de suite ce qu’elle fait de différent, et tu peux l’ajouter à ta technique si c’est valable. Et tu gardes toujours un temps d’avance car la technique de départ, c’est toi qui la maîtrises le mieux.

Je l’ai appris de façon un peu difficile, car au début j’avais appris tout seul pendant 2,5 ans, et pour rentrer dans le groupe de la PO je devais partager tout ça, alors que j’avais beaucoup galéré. La PO se travaille en équipe, et il fallait que j’explique à mon partenaire tout ce que j’avais développé pour gagner, pour qu’on puisse se préparer ensemble. C’est très spécial, car ton partenaire est aussi ton compétiteur, car à la fin de la PO il n’y en n’a qu’un des deux qui part aux JO, on est donc très tiraillé.

Mais à partir du moment où tu arrives à basculer dans un état d'esprit et un fonctionnement de transmission, tu ne fais que gagner. 

Jonathan Lobert

Tu te libères de cette pression psychologique et du stress. C’est comme ça que tu prends un ascendant psychologique. On est des compétiteurs, tout l’enjeu est de prendre le dessus sur l’autre, c’est aussi un jeu psychologique en amont des régates et des compétitions. Comment tu perçois ton adversaire, et comment tu te positionnes par rapport à lui est essentiel. Est-ce que tu passes 4 ans à avoir peur de lui, ou tu te mets dans une posture où à chaque fois tu progresses, et tu fais quelque chose d’intéressant ? 4 ans c’est long, et parfois certains éclatent au moment des sélections car la pression est encore plus forte.

Dans le business ça arrive souvent avec le sujet de la concurrence.

Quand on se retrouvait en compétition avec des étrangers, une des choses qu’on essayait de faire le soir était de positionner de façon hyper objective notre niveau par rapport à eux.

C’est extrêmement important pour développer ensuite une stratégie pertinente et pouvoir progresser. C’est un juste curseur, et il ne faut se voir ni trop petit, ni trop beau.

C’est une revue à faire dans chacun des domaines (technique, tactique,..), et une difficulté ne doit pas être prise comme quelque chose de négatif, mais au contraire très positif pour trouver un nouvel indicateur, un nouvel axe de travail.

Souvent, on n’accepte pas de se positionner de façon objective. Pour ça, la confiance avec l’entraîneur est hyper importante, car si on sait que tout le monde est dans cette objectivité d'analyse, on peut être très pertinent sur les feedbacks.

Le plus difficile à accepter, c’est quand tu as été bon dans un domaine, et que tu te fais rattraper et dépasser. Il faut se redonner suffisamment de motivation pour aller chercher le petit détail que tu ne faisais pas encore bien, et qui peut t’emmener plus loin.

Utiliser la frustration sur quelque chose de positif permet de reprendre l'avantage.

Motivation et relation face à l’échec

Ok, mais tout l’enjeu est là, comment remobilises-tu ta motivation ?

C’est lié à l’objectif global - où est-ce que tu veux aller de manière générale.

Est-ce que tu as toujours cet objectif en tête dans ton esprit d’aller chercher une médaille aux Jeux ?

L’objectif d’être toujours le meilleur possible pour aller chercher une médaille m’a redonné la possibilité de me remobiliser de nombreuses fois.

Et que se passe-t-il en cas d’échec ? 

L’échec est une information supplémentaire pour accéder à un autre niveau. Derrière l’échec, il y a à valider quelque chose qui n’a pas fonctionné, et à changer de route.

Il n’a pas d’impact négatif, c’est une information.

Il faut rentrer dans une logique de positiver les choses qui nous arrivent, plutôt que de sans arrêt se plaindre, sinon on se tire vers le bas. C’est ce qui permet de progresser très vite plutôt que de s’handicaper.

Quelque chose que l'on réussit, mais pas parfaitement bien, est une information qui est beaucoup plus difficile à traiter. La contre-performance m’a toujours donné plus de rage.

JO 2012, FINN

Là je sens quand même qu’il y a aussi un sujet de confiance en soi, qui est très forte chez toi.

C’est vrai, mais en fait je me suis toujours dit que finalement on était tous des êtres humains, et donc qu’il n’y pas de raison que quelqu’un puisse faire quelque chose que je ne pouvais pas faire. 

Il ne faut pas mettre les gens sur un piédestal, tout en restant tout à fait respectueux de leur niveau. Ils ne doivent pas représenter une limite.

Jonathan Lobert

C'est de cette façon que j'appréhende mes adversaires. Même Ben Ainslie, beaucoup s’imaginent qu’il est imbattable. Mais il n’y a pas de raison à ça, même si c’est une légende, on doit pouvoir le battre. 

Dans cet état d'esprit, chaque fois que tu réussis quelque chose de nouveau, de difficile, devient un levier de motivation hyper fort, qui te confirme que c’est possible, qu’il n’y a pas de raison de ne pas continuer.

C’est ce que je dis toujours à ma fille : si tu veux faire quelque chose, il faut que tu essayes. Si tu n'y arrives pas, tires-en les conclusions, mais quoi qu'il arrive tu vas essayer.

Après il y a de la discipline - c’est ça qui permet de maintenir le niveau, se remettre en question, aller plus loin, être ouvert à toutes les techniques qui t’entourent. On en revient encore à ce duo ambition-humilité. Il faut être lucide par rapport à qui on se bat.

Découverte et ouverture d’esprit

D’ailleurs, tu disais dans une interview “Je pense qu’aujourd’hui ce n’est pas possible pour un sportif, notamment d’un sport peu ou pas médiatisé, d’être simplement focalisé sur sa discipline sportive. Le gain obtenu lors de ces différentes expériences représente un apport essentiel afin de me faire évoluer dans le cadre de ma pratique sportive, mais également dans ma vie d’homme au quotidien.” Peux-tu développer cette nécessité d’ouverture au monde, et ce qu’elle t’apporte dans ta pratique ?

Explorer est extrêmement fondamental. C’est découvrir, rester très ouvert sur ce qui t’entoure, récolter un maximum d’information sans arrêt pour pouvoir les analyser et en faire quelque chose.

Nous sur l’eau, on n’a pas d'outils, pas d’informations, les seuls capteurs dont on dispose sont nos yeux, nos sensations. Tous nos sens sont en éveil pour pouvoir rester en phase avec ce qui nous entoure.

Dans ta vie quotidienne as-tu cette même approche d'ouverture ?

Oui, je suis toujours en train d’explorer. En cuisine par exemple, je goûte tout ce que je peux, j’explore, j'expérimente, pour découvrir ce que j’aime ou ce que je n’aime pas.

J’essaye toujours d’aller plus loin, de ne pas me contenter de ce que j’ai. Je cherche à apprendre et à découvrir, pour pouvoir après utiliser mes découvertes et me les approprier.

Est-ce que ça te permet de faire des liens incongrus ?

Oui, j’ai un exemple très précis. Quand j’étais à Rio, j’étais parfois barbouillé sur l’eau, alors que d’habitude je n’ai pas le mal de mer.

Mon entraîneur s’intéressait aux huiles essentielles, et j'étais en train de les sentir quand j’ai senti une immense fraîcheur en respirant de la menthe poivrée. Je me suis tout de suite dit “quand je me sens mal, ce que j’aimerais ressentir c'est de la fraîcheur, on va essayer ça”.

Je m’en suis mis sous le nez, ça a hyper bien marché, ça m'a complètement enlevé le mal de mer sur cette journée-là.

La raison pour laquelle ça a marché, c’est aussi parce que j'étais très au fait de mes sensations, et je savais que j'avais envie de frais. Je peux aussi dans ces situations boire des gorgées d’eau très fraîches, ça me fait beaucoup de bien. 

Savoir ce qui nous fait du bien est essentiel. On entend souvent “le sport ça se fait dans la douleur, c’est dur”. Je ne suis pas d’accord avec ça. Il faut se mettre en condition pour réaliser une performance, donc des conditions qui sont optimales pour toi. Et pour cela il faut se mettre à l'écoute du corps et savoir ce dont il a besoin.

S’autoriser à être extrêmement attentif à soi est important. Ce n’est pas égoïste, c’est se connaître extrêmement bien, ce qui permet d’aller chercher ce qu’il nous faut, et derrière de se concentrer sur autre chose. De ne pas être parasité par une sensation qui nous perturbe, et à nouveau de se focaliser sur notre objectif.

Objectifs et nouveaux défis

On retrouve le sujet de l’objectif qu’on avait abordé à propos de la motivation. Je pense que c’est la grosse différence avec le milieu du business, vous avez des objectifs très difficiles à atteindre, mais très clairs à formuler.

Oui, avoir un objectif très clair est super important. Ça veut dire savoir quel est l'objectif de ta journée, ce que tu dois faire, et très bien réaliser.

Après il s’agit de se conditionner, tout en faisant avec ce qui se passe autour de toi.

Si sur l'eau tu n'as rien à manger, il faut acter - et passer à autre chose. Peut-être rechercher moins de performance, et faire des choses plus simples. Adapter le niveau d'exigence à chaque cas, pour pouvoir réaliser correctement ton action compte tenu de ce facteur là.

La finalité a énormément d’importance au niveau émotionnel. Je crois que dans le business la notion d'argent n’est souvent pas positionnée au bon endroit, et que c’est souvent un problème pour les gens. Il faut vraiment se poser la question de son objectif final et global, et savoir ce qui est de l’ordre du moyen, ou de la fin.

Il faut avoir un objectif clair, et le questionner régulièrement est essentiel car ton objectif peut évoluer. Est-ce que tu t’entraines pour avoir une médaille, ou te qualifier aux Jeux ? L’objectif peut changer en fonction de la façon dont ça se déroule, il n’est pas figé.

De même, savoir qu’il n’y a pas une seule manière de faire quelque chose, te permet d'être beaucoup plus tranquille sur les stratégies que tu décides de mettre en place.

La transmission est pour toi essentielle, qu’est ce que tu veux transmettre absolument, et quel serait le message que tu voudrais passer aux personnes qui s’engagent dans des défis qui peuvent sembler impossibles ?

Le premier message c’est de ne surtout pas écouter les rabat-joie, les gens qui ont tendance à te dire que ce n'est pas possible. Souvent ils sont jaloux, mais surtout ils ne vont rien apporter au projet.

Et rester très objectives par rapport à là où elles en sont, ce qu’elles sont capable de faire. 

Un objectif élevé est une succession de petits objectifs atteignables.

Le moteur c’est la vision, c'est ce qui tous les jours va mettre de l'essence dans la machine.

Jonathan Lobert

Ce qui te permet d'y arriver, ce sont toutes les petites satisfactions du quotidien sur lesquelles tu vas pouvoir prendre appui.

C’est un va et vient permanent, qui revient un peu à cumuler des petites pierres pour permettre de construire une pyramide !

Propos recueillis par Thérèse Lemarchand, Mainpaces


JONATHAN LOBERT

Jonathan Lobert : biographie

Coureur en Voile Olympique catégorie Finn (dériveur olympique solitaire pour les grands gabarits), j’ai commencé la voile à l’âge de 7 ans sur la Saône à Mâcon. Passionné et déterminé,  j’ai réalisé quatre campagnes olympiques durant ma carrière : Pékin 2008, Londres 2012,  Rio 2016 et Tokyo 2020. Ma sélection s’est confirmée pour participer aux Jeux Olympiques de  Londres 2012 et Rio 2016.  

Au cours de mes douze années en Équipe de France de Voile Olympique, j’ai réalisé le  palmarès suivant : 

  • Médaillé de Bronze aux Jeux Olympiques de Londres 2012, 
  • Double Vice Champion du Monde en 2015 et 2017, 
  • Champion d’Europe en 2017. 

Ma carrière de Sportif de Haut Niveau a pris fin en 2021. 

Depuis cette année, je suis en formation en Executive Master Management Général Online à  l’EM-Lyon Business School.  

En parallèle de cette formation, je développe différentes propositions de services sur ma  société JL Sailing, comme : du coaching et du consulting en voile auprès d’amateurs et de  professionnels, des conférences en entreprises me permettant de partager les méthodes de  travail mises en place avec mon équipe, au cours de mes différentes campagnes Olympiques, pour atteindre mes objectifs, mais également un team-building pour une équipe de travail, à  bord d’un voilier haut de gamme. 

Élu membre de la Commission des Athlètes de Haut Niveau au sein du Comité National Olympique et Sportif Français, j’interviens pour améliorer l’esprit d'équipe entre les Sportifs  de Haut Niveau de différentes disciplines. L’objectif est d’instaurer un fort sentiment  d’appartenance à l’Équipe de France et de mettre en place un partage permanent entre les  Athlètes, notamment pour le passage d’expérience entre générations. La mission de la CAHN  est avant tout de faciliter l’environnement de travail des athlètes pour les aider à performer. 

Navigateur régulier sur différents océans et mers, je suis spectateur d’une pollution de plus  en plus présente. Pour partager ce constat et agir pour la protection de cet environnement  magnifique, j’ai rejoint le Blue Collective afin de m’investir au sein de Surfrider Foundation  Europe.

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