
jeudi 27 Novembre 2025
"La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale." Georg Wilhelm Friedrich Hegel
Dans l’imaginaire collectif, la figure du dirigeant apparaît souvent comme le moteur du progrès, prête à saisir chaque opportunité. Pourtant, pour bien exercer ses responsabilités, un dirigeant doit aussi apprendre à dire non.
Ce non ne peut pas rester sec pour pouvoir ouvrir de nouvelles perspectives ou éclairer une voie. Il prend ses racines dans sa capacité de discernement et s’exprime dans le courage. Quand la société de consommation et du contenu épuise nos ressources, le non-agir permet de laisser émerger une autre expérience créative.
C'est le 41ème numéro de notre mensuel #Leading, et il dit oui à l'audace, à la renaissance, à l'attention, au lien.
Soyez énergiques et heureux, bonne lecture !
Thérèse, fondatrice et CEO Mainpaces

La belle rencontre du mois dans une interview à 360°

En relançant la mythique Maison Vever, Maison de joaillerie familiale, Camille Vever ne poursuit pas un rêve figé dans des archives : elle façonne une vision où l’intuition devient stratégie, où l’héritage devient levier, où l’audace devient méthode.
"J’avais acquis la conviction intime que j’en étais capable ; que j’étais suffisamment armée pour réussir."
Ce que Camille partage ici dépasse la renaissance d’une marque : c’est une manière d’aborder la décision, la responsabilité, la vulnérabilité, la place des femmes dans le pouvoir. S’entourer des bons alliés. Protéger son énergie. Trouver sa manière singulière de diriger. Tenir la barre quand tout vacille, mais savoir aussi changer de cap. Faire de la durabilité autre chose qu’un discours.
Cet entretien est une invitation à revisiter nos propres façons de créer, de diriger, de transmettre — et, peut-être, à oser plus que ce que nous pensions possible.
👉Découvrez l’interview en intégralité ici.

Mise en perspective et approfondissements

Imaginons que votre organisation est vivante, pleine d’idées qui émergent. Vous en avez la vision à 360°. Votre rôle essentiel sera de dire "non" pour pouvoir dire "oui", à du temps, à des réflexions, à une priorisation financière.
Dire “non”, c’est protéger la vision stratégique de l’entreprise. Le dirigeant, en gardant le cap, évite la dispersion et permet à l’organisation de se concentrer sur ce qui est réellement porteur de valeurs.
Dire “non” est aussi une barrière contre l’épuisement des équipes et l’inflation des priorités. Dire “oui” à tout accepte de facto un surcroît de tâches qui finit par dégénérer en stress et en désengagement. À l’inverse, le “non” permet d’instaurer des limites claires et responsables. Il encourage la qualité sur la quantité, et favorise un environnement de travail durable.
Je pense donc j’inhibe. Alain Berthoz, neurophysiologiste, professeur au Collège de France, nous explique que la plus grande invention de l’évolution est l’inhibition. C’est ce qui permet l’apprentissage, la décision, le choix.
Dans l’accomplissement d’une tâche complexe ou d’un geste sportif, le jeu auquel le cerveau est confronté se situe entre l’activation et l’inhibition. Pour inventer un geste nouveau, il faut désapprendre des mouvements qui font partie de notre bibliothèque. Surprendre, c’est ne pas faire ce que l’autre attend de vous.
Ce que l'on attend du dirigeant est ainsi de dire "non" : non aux effets de mode, non aux idées reçues, non aux supposé(e)s stars, aux personnes qui polluent le système, pour en libérer l’énergie comme le démontre l’excellent TEDX de Margaret Heffernan sur les super chicken.
L’objectif du dirigeant n'est pas de casser (un propos, une initiative, des intentions, des enthousiasmes). Il s’agira donc de travailler les options et de panacher le non et le oui selon les situations ; d’utiliser le "non" pour faire émerger un oui qui soit meilleur, comme un bon metteur en scène challenge ses acteurs avec exigence.
Les "oui" et les "non" au bon niveau 📊: oui nous sommes d’accord sur l’objectif, non nous ne sommes pas (encore) d’accord sur la façon d’y parvenir.
Les "oui" et les les "non" dans le bon cadre 🧮: oui pour le volet 1 aujourd'hui, non pour l’instant sur le volet 2 sans avoir organisé un RETEX sur le volet 1. Oui pour un POC (proof of concept), non pour un lancement complet à date. Etc.
Les "oui" et les "non" pour être performant dans la durée, robuste ⏱: oui à une amélioration, non à une optimisation à outrance. Passer de 7 à 3 fournisseurs, oui. Passer de 7 à 1 ou 2, non. C’est peut-être plus avantageux économiquement sur le papier mais c’est dangereux en cas d’aléas.
Savoir dire “non” forge alors le respect et la confiance. Les collaborateurs savent qu’une décision n’est pas prise à la légère, qu’elle répond à une analyse réfléchie et à une cohérence avec la stratégie globale. Cela invite à des échanges plus honnêtes et à une culture du feedback authentique.
Un “non” riche n’est pas si simple, c’est un acte de leadership. Il demande du courage et de l’assurance, car il expose le dirigeant à la critique ou à la frustration.
Renoncer porte en effet une connotation négative, celle de l’abandon, de la négation de la possession. Et pourtant, ne serait-ce pas une facilité de ne prendre en compte que le côté négatif d’une attitude ?
Cet effort de pensée, aidé par l'effet miroir du coaching, ouvre à une autre forme d’action, celle du non-agir, où le renoncement rejoint la positivité du détachement. Alors il n’y a pas seulement la raison qui y trouve son compte, le cœur et l’esprit deviennent complices. C'est aussi ce qui permet l'arrêt des tentatives de solution inefficaces à travers lesquelles le système (la personne, l'équipe, l'entreprise, ...) s'épuise.
Ce “non” fertile prend ses racines dans le discernement, et dans la capacité de la personne dirigeante à se questionner sur ses propres certitude et incertitudes, ses biais, sa peur du risque ou des conversations difficiles, et à les dépasser.
Cette prise de conscience intérieure, mise en perspective par son coach et par les personnes qui l’accompagnent, permet au dirigeant de dire “non” à lui-même, ou à des “oui” et des “non” trop rapides. Prendre un temps de silence, de suspension, permettra de prendre sa décision avec la conscience de son impact.
Le temps de la décision est très représentatif des traits de personnalités des dirigeants, et trouver le bon demande de l'autonomie émotionnelle. Il prouve aussi la capacité de la personne qui dirige à prioriser et à assumer ses choix pour le bien commun. Le dirigeant fait alors pleinement son métier : conduire son équipe là où elle sera la plus performante, en cultivant la confiance et l’engagement, tenant compte de son environnement.
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Les parcours de nos bénéficiaires
Nous avons accompagné plus de 200 dirigeants et dirigeantes individuellement ou en équipe
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Café Sciences avec Jean-Philippe Uzan
Nous avons le plaisir d'accueillir Jean-Philippe Uzan, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS, le 9 janvier 2026 pour une conversation passionnante sur le sujet :
Temps et espace, quels enseignements de l'astrophysique et du monde de la recherche pour les dirigeants ?
Un Café Sciences pour penser autrement la décision en entreprise, et se rencontrer entre pairs au Palais-Royal.

La parole à une vision prospective, et une attention portée au futur

Par Samuel Comblez,
Psychologue de l'enfance et de l'adolescence et Directeur général adjoint de l'association e-Enfance / 3018
Il y a des enfants qui rient en classe et s’effondrent en silence le soir, souvent devant leur écran. Et souvent, ce silence hurle. C’est le bruit sourd d’une génération qu’on croit entourée alors qu’elle s’écroule seule, connectée à tout sauf à l’essentiel. La solitude numérique est devenue la face cachée du harcèlement et des violences en ligne.
Une souffrance discrète, invisible, anesthésiée par les notifications.
Nos enfants ne manquent pas de likes.
Ils manquent de liens.
Aujourd’hui, les enfants commencent à utiliser Internet à 5 ans et 10 mois et 35 % des élèves de primaire déclarent avoir déjà été harcelés, selon l’étude e-Enfance / Caisse d’Épargne – 2025. Le chiffre est identique chez les adolescents. L’enfance n’est plus un refuge. Elle s’éclaire désormais à la lumière crue des écrans, exposant les plus jeunes aux mêmes violences que les adultes. Les réseaux ne font pas de différence : ils distribuent l’indifférence et la cruauté avec une neutralité algorithmique glaçante.
Sur Internet, le passé ne passe pas. Il s’archive, il attend. Et parfois, il ressurgit demain, dans un mois ou dans dix ans, comme une gifle numérique qui ne vieillit jamais. Chaque jour, les jeunes vivent avec cette peur diffuse : celle de voir réapparaître une photo humiliante, une vidéo insultante, un message haineux.
Alors ils se taisent. Ils s’isolent. Parce que la solitude donne l’illusion de la protection, comme ce petit enfant qui, croyant échapper au danger, se cache les yeux pour ne plus être vu. Ce réflexe archaïque, tant de jeunes le reproduisent aujourd’hui à l’échelle numérique : disparaître pour ne plus souffrir. Mais la solitude, quand elle dure, n’apaise plus. Elle enferme. Elle façonne les adultes de demain : méfiants, figés, incapables de se confier. Une génération qui aura tout partagé, sauf l’essentiel : sa peur, sa honte, sa tristesse.
Chez les jeunes victimes ou témoins, cette solitude prend racine dans la honte : Honte d’avoir été exposé, d’avoir vu sans oser parler, honte de se sentir responsable de ce qu’on leur inflige. La peur d’être jugé, de “faire des histoires” ou de ne pas être pris au sérieux finit par sceller le silence. Pendant ce temps, les adultes regardent ailleurs, pensant qu’il ne s’agit que d’un jeu cruel entre adolescents mais ce “virtuel” blesse pour de vrai.
Cette solitude ressemble à celle des grands dirigeants : Même peur de montrer la faille, même injonction à tenir bon, à donner l’image du contrôle. Les adolescents apprennent, comme eux, à gouverner leur vie intérieure sous pression. Ils dirigent leur propre crise émotionnelle sans conseil d’administration, sans garde-fou, sans mots pour dire ce qu’ils vivent. Et parfois, ils sombrent dans le même vertige que ces adultes puissants : celui d’une responsabilité trop lourde pour une seule personne.
On le décrit souvent comme cruel, dominateur, insensible. Pourtant, derrière l’agression, il y a souvent un autre vide. Le harceleur n’est pas un monstre. C’est souvent un jeune en manque d’existence, mal aimé, mal encadré, qui cherche à combler sa solitude en faisant du bruit. Il frappe pour qu’on le voie, humilie pour qu’on le regarde, blesse pour ne pas disparaître.
Dans l’entreprise, certains écrasent pour exister. Dans la cour de récréation numérique, certains blessent pour ne pas s’effacer. Comprendre cette solitude, ce n’est pas excuser. C’est tenter d’interrompre la chaîne du vide.
Elle se déguise. Elle prend la forme d’un contrôle permanent, d’une peur du regard, d’une dépendance aux écrans ou aux autres. Un enfant seul face à la violence numérique devient souvent un adulte seul face à la violence du monde. Nos cadres débordent de mails comme nos ados débordent de messages mais les uns comme les autres manquent d’écoute vraie. Les premiers ne savent plus dire “je vais mal”, les seconds n’osent plus dire “j’ai besoin d’aide”. Et la boucle se referme : une société hyperconnectée mais émotionnellement muette.
Si rien ne change, nous aurons des générations d’adultes surinformés mais sous- écoutés à la fois hypersensibles et incapables d’exprimer ce qu’ils ressentent. Des adultes qui confondront reconnaissance et exposition, solitude et autonomie, influence et existence. Le numérique, s’il reste sans boussole humaine, fabrique des experts du lien… mais pas du lien humain.
Recréer du lien.
Pas seulement du réseau.
Réapprendre à être présents, à écouter sans juger, à parler sans écran.
La vraie déconnexion ne consiste pas à éteindre un appareil mais à rallumer la relation. Si nos enfants apprenaient à parler avant de cliquer, le numérique redeviendrait un espace de rencontre et pas d’isolement. Parce qu’au fond, derrière chaque silence en ligne, il y a un appel qu’on n’a pas encore entendu.
Cet appel, le 3018 est là pour l’écouter. Il soutient les jeunes de moins de 25 ans confrontés au harcèlement ou aux violences numériques et aide à crier quand la peur empêche de parler.
Passionnante, inspirante, ou pratique, une œuvre sélectionnée pour vous pour un bon moment de récupération active

Choisir l'éternité plutôt que l'immortalité. Entre Histoire et mystère, Eric-Emmanuel Schmitt explore dans ce podcast et le 5ème tome de son odyssée La Traversée des Temps, la tension féconde entre les deux royaumes de la matière et celui de l’esprit. Une mise en perspective délicieuse des enjeux contemporains, dans une approche historique, littéraire et spirituelle.
Photo © Pascal Ito

Mainpaces est une approche unique du coaching exécutif
Mainpaces accompagne les dirigeants en quête d’accomplissement vers une performance globale. Inspirée du sport de haut niveau et appuyée sur les neurosciences, cette approche unique repose sur une équipe coordonnée de coachs exécutifs et d'experts en préparation physique et mentale et autres expertises, pour aligner le corps et l’esprit et déployer votre plein potentiel.
Gagner en clarté, éviter l’épuisement, incarner et déployer un leadership plus juste et impactant : Mainpaces propose aux dirigeants et à leurs équipes les ressources nécessaires pour affronter les défis d’aujourd’hui et construire au sein de leurs organisations le monde de demain.
Nous répondons à votre appétit de progrès, d’alignement pro-perso, et de solutions durables, dans ces moments à enjeux, pour vous, et pour la Terre.